Le sport : bon ou mauvais pour l’arthrose ? Trouver le bon équilibre pour protéger son genou

Continuer à bouger, s’entraîner, rester actif… même quand le genou commence à envoyer des signaux. Vous vous demandez si, dans vos activités sportives, vous devez ralentir, adapter ou continuer comme avant ?

Entre peur d’aggraver et envie de rester actif, l’équilibre n’est pas toujours évident à trouver. Pourtant, les données actuelles vont à l’encontre d’une idée encore très répandue : le mouvement n’abîme pas systématiquement le genou. Au contraire, il participe à son
équilibre.1

Et si le problème n’était pas le sport en lui-même, mais la manière dont votre genou y est exposé ?

EN BREF : Ce qu’il faut retenir 

Le genou, même arthrosique, a besoin de mouvement

Le cartilage du genou n’est pas vascularisé. Il ne reçoit pas directement d’oxygène par le sang. Sa nutrition dépend du mouvement : chaque cycle de compression et de relâchement permet la circulation du liquide synovial, essentiel à son métabolisme.2
Autrement dit, bouger permet de nourrir son cartilage. Sans mouvement, il s’appauvrit. Sans muscle, l’articulation perd en stabilité. Progressivement, le genou devient plus raide, plus sensible, moins tolérant à l’effort.2,3

Le mouvement agit aussi sur l’ensemble de l’environnement articulaire. Il permet
notamment1,3 :

  • de maintenir une musculature capable d’absorber les contraintes
  • de mieux répartir les charges dans l’articulation
  • de limiter certains phénomènes inflammatoires liés à l’inactivité

À l’inverse, la sédentarité crée un cercle vicieux : moins on bouge, plus le genou devient
fragile… et plus le moindre effort devient douloureux. L’activité physique est d’ailleurs aujourd’hui recommandée en première intention dans la prise en charge de
l’arthrose.1

Mais une question reste centrale : si bouger est nécessaire, comment éviter d’en faire trop ? Car à l’inverse, une contrainte excessive ou mal répartie peut entretenir la douleur.2,3

Regard croisé – Prof. Camille Choufani

kiomed medecin

❝ Le sport est indispensable pour le bien de l’articulation, même arthrosique, mais aussi le bien général du patient. Ceci n’est plus discutable, c’est une certitude. C’est par le biais d’un accompagnement pluridisciplinaire que l’on atteint cet objectif : maintenir une activité physique, sportive, saine. Il faut permettre au patient d’intégrer une chaîne de soins qui lui est adaptée de manière sur mesure afin d’atteindre cet objectif❞

Comprendre les impacts que l’on impose à son genou

Tous les exercices ne sollicitent pas le genou de la même manière. La différence tient en grande partie à une notion souvent mal comprise : l’impact. L’impact correspond à la force que votre genou absorbe à chaque contact avec le sol. Mais surtout, il dépend de deux paramètres essentiels  : l’intensité de la charge et la vitesse à laquelle elle est appliquée.4

Lors de la marche, la force imposée au genou reste modérée. En courant ou en sautant, elle augmente fortement, mais surtout, elle s’applique plus rapidement. Une marche prolongée
peut ainsi souvent être bien tolérée, alors qu’une course ou des sauts, même courts,
peuvent devenir plus exigeants pour l’articulation.

La combinaison entre intensité et vitesse rend un exercice plus ou moins exigeant
pour l’articulation.4

Un même poids du corps… mais pas la même contrainte selon la vitesse et la répétition.

Voici le repère utilisé en rééducation⁴ :

Chaque genou possède une capacité d’adaptation. Trop peu sollicité, il perd en fonction.
Trop sollicité, il réagit par la douleur. Entre les deux existe une zone dans laquelle le mouvement devient bénéfique.

Pour vous situer et adapter votre pratique, vous pouvez vous appuyer sur ces repères4 :

  • Une légère douleur pendant l’effort n’est pas forcément anormale, elle doit rester
    tolérable
  • Elle ne doit pas augmenter durablement après l’activité
  • Les symptômes doivent revenir à leur niveau habituel dans les 24 à 48 heures

 

Ces repères peuvent vous permettre d’adapter la charge sans sur-solliciter
l’articulation.

Le sport : bon ou mauvais pour l’arthrose ?

Faible ou fort impact : une question d’adaptation, pas d’interdiction

On pourrait penser qu’il faut privilégier uniquement les exercices dits “doux”. En réalité, ce n’est pas si simple. 4

Exercices à faible impact4
Vélo
Natation
Elliptique
Renforcement contrôlé

Utiles pour :
• reprendre une activité
• diminuer les symptômes
• construire une base musculaire

Exercices à impact modérés/élevés4
Course à pied
Sport avec changement de direction (football, rugby, handball, tennis…)
Sport avec sauts

Utiles pour :
• améliorer la tolérance à l’effort
• retrouver des gestes du quotidien ou sportifs
• augmenter la capacité du genou

Les sports à impact plus élevé sont plus exigeants pour les articulations, mais pas interdits. Un matériel adapté, associé à une bonne maîtrise technique de l’activité, est essentiel pour limiter les contraintes sur l’articulation.4 Certaines données montrent même qu’un travail incluant de l’impact, lorsqu’il est progressif et bien encadré, peut améliorer la fonction et réduire la douleur chez des patients arthrosiques.5
Ce que montrent les données cliniques5 : Une étude expérimentale menée chez 30 patients âgés de 45 à 65 ans, atteints d’arthrose du genou légère, a comparé deux programmes d’exercices, soit à faible impact, soit à impact plus élevé, sur une durée de 8 semaines.
Les résultats montrent que les deux types d’exercices sont efficaces pour réduire la douleur et améliorer la fonction articulaire. Cependant, les exercices à impact plus élevé ont montré une efficacité légèrement supérieure, avec des améliorations plus marquées sur la douleur et les capacités fonctionnelles.
Contrairement aux idées reçues, ces résultats montrent que les exercices à impact plus élevé ne sont pas toujours délétères pour un genou arthrosique. Dans certains cas, lorsqu’ils sont bien encadrés et adaptés aux patients, ils peuvent montrer des bénéfices supérieurs à des exercices plus « doux ».

La vraie question est donc de savoir si votre genou est prêt pour le niveau d’impact de
l’activité que vous planifiez de faire et comment l’y préparer ?

Reprendre intelligemment : construire la capacité du genou

La capacité du genou à répondre à une contrainte repose sur plusieurs éléments : la force musculaire, notamment du quadriceps et des fessiers, la qualité du contrôle du mouvement, et l’habitude progressive à encaisser l’effort. Concrètement, la reprise peut prendre différentes formes selon votre point de départ.

Parce que chaque genou est différent, il n’existe pas de programme universel.4 Un professionnel de santé peut vous aider à adapter les exercices à votre situation, pour progresser en sécurité et sans sur-solliciter l’articulation.

Chaque arthrose est unique, parlez-en à votre médecin

Bouger reste indispensable pour le genou arthrosique. Mais tous les mouvements n’ont pas le même effet. Vous devez comprendre comment ajuster votre activité et progresser.4,5 En apprenant à respecter cette zone d’adaptation, vous protégerez votre genou et lui redonnerez ses capacités.

Votre genou n’a pas besoin de repos absolu. Il a besoin de mouvement maîtrisé.

Les informations présentées sur Arthrose Active ont un objectif éducatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Le diagnostic, le choix des traitements et leur adaptation relèvent exclusivement d’un professionnel de santé. En cas de douleurs persistantes ou d’aggravation des symptômes, consultez votre médecin ou
spécialiste.

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Les informations présentées sur Arthrose Active ont un objectif éducatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Le diagnostic, le choix des traitements et leur adaptation relèvent exclusivement d’un professionnel de santé. En cas de douleurs persistantes ou d’aggravation des symptômes, consultez votre médecin ou spécialiste.

Fichier 15logo arthrose active 3

1. Coudeyre E., Cormier C., Gignoux P. et al. Quelle activité physique dans l’arthrose ?
Revue du rhumatisme 2021 (88)3 : 203-208
2. Bačenková, D., Trebuňová, M., Demeterová, J.et al. Human Chondrocytes,
Metabolism of Articular Cartilage, and Strategies for Application to Tissue
Engineering. Int. J. Mol. Sci. 2023, 24, 17096
3. Leong DJ, Sun HB. Osteoarthritis – Why Exercise? J Exerc Sports Orthop.
2014;1(1):04.
4. Ziltener JL., Leal S., Borloz S. Activités physiques sport et arthrose. Rev Med Suisse
2012 (8) :564-570
5. Rithika A, Anitha A, Ramana. K et al. High Impact Exercise Training Versus Low
Impact Exercise Training on Functional Outcome in Subjects with Knee
Osteoarthritis: Experimental Study. Indian Journal of Physiotherapy and Occupational
Therapy / Volume 18, Year 2024.

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